Isabeau nous a quittés


Rédigé le Mercredi 27 Novembre 2019 à 12:33 | Lu 77 commentaire(s)

La belle chanteuse de Montmartre.


Un répertoire plein d'amour et d'humour.

Isabeau nous a quittés, une nuit de mai 2019. Elle laisse un grand vide, sa voix chaude et généreuse, douce et rieuse ne résonnera plus dans les bars de Montmartre ni au Théâtre du Petit Bonheur, elle en était devenue la reine et l'effigie. Chaque troisième vendredi du mois elle s'y produisait depuis plusieurs années, renouvelant sans cesse un répertoire de chansons de charmes, d'époque ou de son cru. Elle y a chanté Ferrat, Brel, Mouloudji, Bernard Dimey, l'amour, les êtres, la nature et puis les animaux. Pour eux elle a confectionné un album de sa plume, belle série de poèmes à leur gloire et leur âme adressée, un cri d'alarme et une alerte dédiée à la cause animale que par dessus tout elle révérait. C'est au lendemain de la sortie de son livre et de son album, Le Ministère des Animaux, poèmes et chansons, que sa vie s'est éteinte, à la manière d'un dernier signe, d'un adieu et d'un legs qu'elle faisait à l'humanité maltraitante, à ses amis de Montmartre qui constituaient son immense famille.   
Isabeau de Montmartre
Isabeau de Montmartre

Quatrième de couverture du Ministère des Animaux.

Ils sont maltraités, parqués, pourchassés, torturés, massacrés. Ils sont des produits, des marchandises. Pourtant ils ont faim et froid, ils ont peur, ils s'angoissent, et ils souffrent les animaux. Isabeau écrit pour eux des poèmes qui sont autant de cris et de caresses. De ces textes simples et forts, elle a fait un spectacle : le Ministère des Animaux. Une belle utopie qui donne le pouvoir aux amis de la vie, avec humour et mordant. Isabeau ouvre nos oreilles et nos coeurs et donne sa voix à l'accent grave ou aigu au silence des animaux qui souffrent et meurent pour nous nourrir, nous vêtir ou nous divertir.
Christian Wacrenier.

Hommage à Isabeau de Montmartre.

Un hommage impromptu lui a été rendu au Théâtre du Petit Bonheur, réunissant ses amis, ses voisins, ses collègues, ceux qu'elle invitait à se produire à l'occasion de ses spectacles. J'ai aussi improvisé une contribution à cet hommage principalement musical. 
Isabeau, ma voisine, mon amie, était un rayon de soleil, il réchauffait sans brûler, il régénérait sans cramer, il vivifiait sans étouffer. Ce rayon de soleil, c'était son sourire, un large et beau sourire qui irradiait son visage, découvrait de belles dents blanches, lumineuses, de celles qui savent croquer la vie, goûter ses plaisirs, lâcher les rires, les paroles, les mots, les versets, les rimes, les mots d'amour, les vocalises qui ont enchanté nos moments partagés, pleins de rires, de convivialité, de causes communes, l'amour des êtres, humains comme animaux, objets du même respect.
Isabeau était générosité, chaleur, partage, attention, consolation, espérance, art, couleurs, pétillance, humour, gaité, joie de vivre et gravité, à la fois exigence et bonté. Plus que tout, l'amour de la nature et celui des animaux guidaient ses pas vers les paysages les plus variés, des forêts profondes aux plages du Levant.
Elle était une amie et nous étions voisines, vieilles montmartroises qui avaient en partage l'amour de notre quartier, de sa culture, de sa mémoire. Nous l'écrivons ensemble.






              


Dans la même rubrique :
< >

Jeudi 20 Février 2020 - 17:09 Alice de Montmartre a voulu...

Mercredi 1 Janvier 2020 - 16:28 2020, en guise de vœux